Crampes abdominales, diarrhées, nausées et vomissements… Chaque année, dès l’automne, la gastro-entérite virale fait son grand retour. Très contagieuse, elle circule rapidement dans les collectivités et est à l’origine de nombreuses consultations en médecine de premier recours et en pharmacie.
Les norovirus sont les principaux responsables des épidémies saisonnières de gastro-entérite chez les adultes. Selon les estimations de l’Office fédéral de la santé publique, ils causeraient chaque année environ 400’000 cas de diarrhées avec vomissements, principalement durant les saisons froides. Les rotavirus restent quant à eux une cause de gastro-entérite chez les jeunes enfants. La vaccination, qui a apporté de bons résultats dans d’autres pays, est recommandée par la Commission fédérale pour les vaccinations et l’OFSP uniquement depuis janvier 2024. Ces virus provoquent le plus souvent une maladie bénigne qui disparaît en quelques jours ; ils peuvent néanmoins entraîner de graves complications chez les personnes fragiles.
Pourquoi cette « recrudescence » hivernale ?
Les cas de gastro-entérite sont particulièrement nombreux en hiver. Et pour cause : en plus des variations climatiques qui impactent le système immunitaire, nous passons davantage de temps à l’intérieur. Comme les autres virus, ceux à l’origine de la gastro-entérite profitent de cette promiscuité pour circuler d’une personne à l’autre. À cela s’ajoute le fait que les norovirus sont particulièrement redoutables : une très faible quantité de particules virales suffit à provoquer une infection et ils peuvent survivre plus de douze jours sur certaines surfaces. Cette résistance explique la rapidité avec laquelle une gastro-entérite peut toucher plusieurs membres d’une même famille ou toute une collectivité.
Une transmission très efficace
Les virus de la gastro-entérite se transmettent principalement par la voie dite « féco-orale » : des mains mal nettoyées après un passage aux toilettes ou un changement de couche peuvent contaminer une autre personne lors d’un simple contact. La transmission peut également se produire de façon indirecte, par l’intermédiaire d’objets ou de surfaces fréquemment touchés. Les symptômes apparaissent généralement entre 12 et 48 heures après la contamination et comprennent des diarrhées aiguës, des vomissements, des nausées, des crampes abdominales et parfois une légère fièvre. Le malade est très contagieux et le reste encore près de quinze jours après la disparition des symptômes. Il est donc très important de maintenir les mesures d’hygiène au-delà de la guérison complète ! Dans la majorité des cas, l’évolution est favorable en deux à trois jours, mais une fatigue peut persister plusieurs jours.
Les bons réflexes pour protéger toute la famille
Quelques gestes simples permettent de limiter les risques de contamination et de favoriser une guérison rapide. La prévention repose avant tout sur des mesures d’hygiène rigoureuses. Le lavage des mains à l’eau et au savon pendant au moins vingt secondes reste le geste le plus efficace, surtout après être allé aux toilettes, après avoir changé un enfant, avant de cuisiner ou avant les repas. Notez que le savon est ici préférable aux solutions hydroalcooliques, qui présentent une efficacité limitée contre les virus entériques. En période d’épidémie, il est également conseillé de nettoyer régulièrement les objets et surfaces souvent touchés avec un produit désinfectant adapté. De manière générale, le malade doit éviter de préparer les repas pour les autres membres du foyer, limiter les contacts rapprochés avec ces derniers et éviter de retourner au travail pour les professions sensibles pendant trois jours après la disparition complète des symptômes.
Prévenir la déshydratation et savoir quand consulter
En cas d’infection, il faut veiller à compenser les pertes en eau et en sels minéraux. Pour Il est important de bien s’hydrater dès les premiers symptômes ! à bien vous hydrater. Les produits laitiers, cela, il est recommandé de boire régulièrement de petites quantités de liquide (eau, tisane, bouillon de légumes), l’équivalent d’une gorgée toutes les 5-10 minutes environ pour éviter les vomissements. Attention : les boissons contenant de la caféine (café, thé, cola) sont vivement déconseillées. Pour les cas sans complication, votre pharmacien peut vous fournir différentes solutions de réhydratation orale adaptées, ainsi que des antidiarrhéiques et des antispasmodiques. Dès que les nausées s’atténuent, la reprise de l’alimentation doit être progressive : commencez par des repas faciles à digérer (à base de riz, de pâtes, de carottes cuites, de viande blanche, de bananes et de compote de pommes) en petites portions et continuez les crudités, les graisses et les aliments trop riches en fibres (céréales complètes, légumineuses) sont à éviter dans un premier temps.
Chez l’adulte en bonne santé, ces quelques conseils aident à guérir rapidement. Néanmoins, certains signes doivent amener à consulter au plus vite : diarrhées sanglantes, fièvre élevée persistante, vomissements empêchant toute hydratation et signes visibles de déshydratation (bouche sèche, soif intense, urines rares, somnolence, confusion, peau sèche). De même, une visite chez le médecin est recommandée si l’infection concerne un nourrisson ou une personne âgée.

