Depuis le temps qu’on nous le répète, tout le monde devrait savoir qu’il faut faire attention à son alimentation, contrôler sa consommation de sucre et son poids, et avoir une activité physique régulière. Les choses ne sont hélas pas aussi simples !
Une progression alarmante
Le fait est que 14 % de la population mondiale souffre déjà du diabète, et que si l’on en croit la Fédération Internationale du Diabète, la maladie continue de progresser à un rythme préoccupant. La nouveauté, si l’on peut dire, est que le diabète n’est plus aujourd’hui l’apanage des pays industrialisés, où les cas tendent à se stabiliser. C’est en revanche dans les régions dites en développement qu’il fait des ravages, là où un mode de vie « à l’occidental » (alimentation déséquilibrée, sédentarité, …) est adopté progressivement, mais sans que les infrastructures sanitaires ne permettent encore une prévention et une prise en charge médicale efficace. En parallèle, pays développés ou pas, l’augmentation de l’espérance de vie accroît mathématiquement le risque de diabète en raison des modifications biologiques liées à l’âge (le pancréas fonctionne moins bien et fabrique moins d’insuline, le corps perd de la masse musculaire qui joue un rôle central dans la régulation de la glycémie, etc.)
Agir tôt
Sensibiliser au diabète par une Journée mondiale conserve donc une légitimité indiscutable. Au point que l’Assemblée générale des Nations Unies a voté une résolution officialisant cette Journée, une première historique pour une maladie chronique non transmissible ! Elle a lieu chaque année le 14 novembre, et axe chaque fois ses priorités sur un thème différent, par exemple « les femmes et le diabète », « l’accès aux soins », ou « mieux-vivre avec le diabète ». Cette année, la campagne « agir tôt contre le diabète » met l’accent sur le diagnostic précoce et la prévention. Car une hygiène de vie raisonnable permet d’éviter dans une large majorité des cas le développement d’un diabète de type 2, le plus fréquent. Ou de retarder considérablement son apparition. Quoi qu’il en soit, intervenir avant l’apparition des symptômes améliore la chaîne de prise en charge dans son intégralité, de l’accès aux soins jusqu’à l’efficacité du traitement. Il y a lieu de rappeler une fois de plus la triste réputation de « tueur silencieux » du diabète : il se développe sournoisement pendant des années sans la moindre manifestation visible, alors que l’excès de sucre a déjà entamé en sous-main son travail de sape sur les vaisseaux, les nerfs, le microbiote intestinal et d’autres organes.
Indispensable dépistage du diabète
En parallèle aux mesures préventives, le dépistage est une démarche proactive essentielle. Et il n’y a pas d’alternative : compte tenu de l’absence de signaux d’alerte, connaître les valeurs de sa glycémie est le seul moyen de détecter des anomalies. La mesure s’effectue facilement et rapidement en pharmacie, par un prélèvement quasi indolore d’une toute petite goutte de sang au bout du doigt. Pour qui, quand et comment : Un dépistage régulier du diabète est recommandé à l’ensemble de la population dès l’âge de 45 ans. En présence de facteurs de risque (p.ex. surpoids, sédentarité, antécédents familiaux), les contrôles doivent bien sûr débuter plus tôt. La fréquence des contrôles dépend elle-aussi de la présence de facteurs de risque, une fois par année s’il y en a, sinon tous les trois ans. Insistons : dès 45 ans au plus tard, chacun d’entre nous devrait vérifier à intervalles réguliers son taux de sucre dans le sang ! Les deux principaux examens à disposition sont la glycémie simple et l’hémoglobine glyquée (HbA1c). Le premier, réalisé à jeun, mesure la quantité de sucre dans le sang au moment du prélèvement. Quant au second examen, celui de l’hémoglobine glyquée, il indique la moyenne des glycémies sur les trois derniers mois et offre ainsi une vision plus globale de l’équilibre du taux de sucre dans le sang. Autre avantage, la mesure de HbA1c ne nécessite pas d’être à jeun. Pour plus d’informations ou pour procéder à un test de dépistage, adressez-vous à la Pharmacie Populaire la plus proche.

