Les infections causées par des champignons microscopiques figurent parmi les plus fréquentes, près d’un tiers de la population sera concernée, ou l’a été. Les pharmacies disposent de nouvelles compétences pour faire face à la plupart de ces cas.
Il y a mycose et mycose
On connaît des dizaines de milliers d’espèces de champignons. Bien que toutes ne soient heureusement pas pathogènes, plusieurs dizaines d’entre elles tout de même ont la capacité d’affecter l’être humain. Chaque espèce provoque des symptômes différents, ce qui les rend souvent difficiles à identifier, d’autant plus qu’ils peuvent se manifester au sommet du crâne comme à l’ongle du gros orteil, en passant par à peu près toutes les localisations imaginables.
Les manifestations des mycoses souvent peu gênantes, au début du moins, viennent encore compliquer les choses et il n’est pas rare que le trai-tement ne débute que tardivement. Pour toutes ces raisons, il ne faut pas hésiter à se rendre dans sa pharmacie dès que l’on constate une modification de l’aspect de sa peau, de ses ongles ou d’une muqueuse, même si celle-ci ne suscite aucune inquiétude. Rappelons en effet qu’une infection fongique ne guérit presque jamais spontanément, elle nécessite toujours un traitement. Ce traitement, justement, pourra être proposé en pharmacie selon plusieurs modalités, décrites ci-après.
Conseil «classique» au comptoir
Sollicités pour «une petite plaque rouge qui démange entre les orteils», les collaborateurs de l’officine tenteront d’en savoir plus en dépit de l’apparente évidence de la demande. Ils poseront toute une série de questions relatives aux symptômes pour savoir depuis quand ils sont présents, s’il s’agit d’un premier épisode, si un traitement a déjà été essayé, etc. Ils se renseigneront aussi sur la santé générale de leur client, s’il souffre de maladies chroniques, s’il a des allergies. Si tous les feux sont au vert, un traitement pourra être proposé, accompagné de recommandations d’application, de fréquence et de durée. Des conseils complémentaires, médicamenteux ou pas, seront également proposés afin d’optimiser le résultat et prévenir les récidives.
Comme on le constate, la prise en charge professionnelle d’un cas simple d’infection fongique est loin d’être superficielle. Il arrive néanmoins de temps à autres que des doutes subsistent et nécessitent d’approfondir l’entretien dans le cadre d’une prestation de type «consultation en pharmacie».
Consultation en pharmacie en cas de mycose buccale
Le Candida albicans est un champignon microscopique que chacun d’entre nous héberge dans sa bouche. Il cohabite la majorité du temps en bonne intelligence avec les autres représentants de la flore buccale. Il suffit cependant que l’équilibre local soit perturbé pour que Candida en profite et se mette à proliférer plus que
de raison, occasionnant des symptômes désagréables. La forme la plus courante se manifeste par des plaques blanches sur la langue, bien connue sous le nom de «muguet». En pareille circonstance, il n’est pas forcément indispensable de déranger son médecin : la candidose buccale peut en effet être prise en charge sans délai en pharmacie dans le cadre d’une consultation spécialisée, dans un espace confidentiel de l’officine. Là, le pharmacien procédera à une évaluation des symptômes en se référant à des algorithmes validés médicalement.
L’entretien visera notamment à réunir le maximum d’éléments corroborant la probabilité qu’il s’agisse bien d’un muguet buccal. Si c’est le cas, un médicament «sur ordonnance» pourra être délivré immédiatement après la consultation de sorte que le traitement puisse être instauré sans perdre de temps. Et s’il apparaît que la situation nécessite l’avis d’un médecin, tout est prévu : une visioconférence peut-être organisée dans la foulée !
Téléconsultation assistée avec un médecin
La consultation se poursuit donc dans l’espace confidentiel de la pharmacie, où le médecin dialogue avec le patient par écran interposé. La pharmacien est présent non seulement pour faciliter l’échange et apporter son éclairage, mais également pour procéder à certains examens complémentaires à la demande du médecin. Dans notre cas de suspicion d’infection à champignons, une caméra haute définition est à disposition pour optimiser la perception du praticien. Une fois le diagnostic confirmé, le médecin établira une ordonnance qu’il fera parvenir sur le champ à la pharmacie. La téléconsultation médicale est remboursée par l’assurance maladie de base après déduction de la franchise et des frais de participation (10% de quotepart), au même titre que toute consultation médicale en présentielle. Il n’y a rien a payer à la pharmacie.

