Le retour des beaux jours invite généralement à se dépenser pour se remettre en forme. Mais les baignades en piscine et autres séances de sport intensives, combinées à la hausse des températures qui favorisent la transpiration, créent aussi un environnement particulièrement propice au développement des mycoses.
Ces infections causées par des champignons microscopiques touchent la peau, les ongles ou les muqueuses et concernent chaque année plus d’un milliard de personnes dans le monde. Si elles sont généralement bénignes, elles peuvent être très inconfortables, persistantes et récidivantes. Certaines conditions favorisent leur apparition. Les sports aquatiques et la chaleur en font partie
Chaleur et humidité: le combo idéal
Les mycoses sont principalement dues à des champignons microscopiques comme les dermatophytes ou certaines levures du genre Candida. Ces micro-organismes apprécient les environnements chauds, humides et peu ventilés. Or, la chaleur augmente naturellement la transpiration. La sueur, combinée à des vêtements serrés ou synthétiques, maintient la peau dans un état d’humidité prolongée. Et lorsque la peau reste humide, sa barrière protectrice s’altère. La macération fragilise l’épiderme et facilite la pénétration des champignons. Les zones les plus touchées sont les plis cutanés, notamment les espaces entre les orteils (on parle alors de «pied d’athlète»), les plis de l’aine, le dessous des seins ou les aisselles. Les chaussures fermées portées longtemps après le sport favorisent elles aussi l’apparition d’une mycose au niveau
des pieds: chaleur, transpiration et manque d’aération forment un microclimat parfait pour la prolifération fongique.
Des lieux propices à la transmission
Les mycoses cutanées sont très contagieuses et les piscines, douches collectives, vestiaires et salles de sport sont des environnements particulièrement favorables à leur transmission. Même si l’eau des bassins est traitée, les sols autour des piscines ou dans les vestiaires peuvent abriter des squames provenant de personnes infectées. Marcher pieds nus sur ces surfaces augmente le risque de contamination. Les maillots de bain humides portés plus longtemps que nécessaire après la baignade constituent également un facteur de risque, notamment pour les mycoses génitales chez la femme. En effet, l’humidité prolongée et la chaleur modifient l’équilibre naturel de la flore cutanée et intime, favorisant la multiplication de levures du type Candida.
Gare à la transpiration!
L’activité physique est très bénéfique pour la santé, mais elle crée aussi des conditions favorables aux infections fongiques. La transpiration abondante, surtout en cas d’effort prolongé, maintient la peau humide pendant de longues périodes. De plus, les frottements répétés, notamment au niveau des cuisses, des aisselles ou des pieds, peuvent provoquer de petites lésions invisibles à l’œil nu. Ces microtraumatismes facilitent l’entrée des champignons dans l’épiderme. Les sportifs sont particulièrement exposés aux mycoses des pieds et des ongles: les chaussures de sport, souvent peu respirantes, retiennent chaleur et humidité. De plus, l’usage partagé de tapis ou d’autres équipements (haltères, vélo elliptique, rameur, etc.), ainsi que des douches collectives, augmente le risque de transmission. Un autre facteur peut jouer Environ un quart des adultes contractent le pied d’athlète une fois dans leur vie. des pieds: chaleur, transpiration et manque d’aération forment un microclimat parfait pour la prolifération fongique.
Les gestes préventifs essentiels
Heureusement, quelques habitudes permettent de réduire significativement le risque de contracter une mycose. La première règle consiste à limiter l’humidité: bien se sécher après la douche ou la baignade, en insistant entre les orteils et dans les plis cutanés. Il est par ailleurs conseillé d’ôter rapidement son maillot de bain et ses autres vêtements de sport après l’activité (et bien sûr, de les laver après chaque séance). Dans les lieux publics (salles de sport, piscines, saunas, etc.), il est en outre recommandé de porter des sandales adaptées pour ne pas être en contact direct avec le sol.
Couper ses ongles courts permet également de limiter les risques. Optez si possible pour des chaussures respirantes et alternez les paires d’une séance de sport à l’autre pour leur laisser le temps de sécher complètement. Les chaussettes en coton ou en fibres techniques absorbantes sont préférables aux matières synthétiques. En cas de transpiration excessive, l’usage ponctuel de poudres ou de sprays antifongiques peut être utile, notamment chez les personnes sujettes aux mycoses récidivantes.
La mise en œuvre de ces quelques mesures simples vous permettra de profiter pleinement de vos activités sportives sans désagrément cutané. Gardez toutefois à l’esprit qu’il est important de consulter un professionnel de santé dès l’apparition de symptômes typiques (rougeurs, démangeaisons, fissures, etc.). Un traitement précoce évite la propagation et limite les récidives.

