Le privilège de vieillir se mérite, il faut savoir s’adapter, accepter de nouvelles réalités, trouver sa voie. Certains y parviennent sereinement, d’autres ont besoin qu’on les aide. Car, comme disait Marcel Pagnol, « on devient vieux quand les jeunes nous abandonnent ».
Une évolution tenace
Voilà tout juste un mois, l’Office fédéral de la statistique annonçait qu’en Suisse pour la toute première fois les plus de 65 ans étaient plus nombreux que les moins de 20 ans. Le vieillissement démographique se renforce donc, et avec lui les enjeux sociaux, économiques et sanitaires. S’agissant d’une confirmation de tendance et non d’une surprise, le gouvernement suisse et les cantons travaillent depuis un certain nombre d’années à la mise en œuvre de réformes structurelles à même de garantir la viabilité des innombrables secteurs touchés par l’augmentation du nombre de seniors. Dans le domaine de la prévoyance par exemple, l’introduction depuis cette année d’une treizième rente AVS permettra aux retraités de faire face à l’augmentation des coûts de la vie. Sans doute moins réjouissant pour les femmes, celles-ci ont vu le relèvement progressif de l’âge de leur retraite suite à l’adoption de la réforme AVS 21. Malgré ces mesures, la précarité financière des personnes âgées reste un problème majeur, on estime qu’un retraité suisse sur cinq est menacé de pauvreté.
Les défis quotidiens du vieillissement
Sans tomber dans les stéréotypes et en ayant conscience de la grande hétérogénéité du groupe des aînés, il faut bien admettre que la probabilité que survienne une maladie physique ou psychique s’accroît avec l’âge. La faute aux processus naturels de vieillissement, que l’on ne sait toujours pas déjouer, et qui sont à l’origine de phénomènes progressifs de déclin aussi bien physique que cognitif.
Concrètement, cela peut se traduire, comme chacun le sait, par une baisse de l’endurance, de la masse musculaire, de la souplesse, de l’audition, de la vision, de la mémoire ou de l’attention, pour ne citer que les manifestations les plus courantes. Les conséquences pour la vie quotidienne sont, encore une fois, extrêmement variables et disparates : une centenaire peut allègrement parvenir à gérer l’ensemble de ses tâches alors qu’un septuagénaire peut se trouver en perte complète d’autonomie. On peut toutefois identifier un certain nombre de problèmes qui affectent de façon récurrente la population âgée. En font partie les soucis financiers, déjà mentionnés, ainsi que la question de l’isolement social,
tout aussi prégnante. Citons encore les difficultés d’accéder aux services (administratifs, bancaires, etc.) dans un monde de plus en plus numérique, ainsi que, cela va sans dire, l’ensemble des éléments ayant trait à la santé cités plus haut.
L’enjeu de l’accès aux soins pour les seniors
Les répercussions du vieillissement démographique sont spécialement préoccupantes dans le secteur de la santé, pour la simple raison que plus le nombre de personnes âgées augmente, plus il y a besoin de soins, et donc de personnel soignant. Sans parler de la nécessité de développer des structures adaptées et de l’explosion des coûts, c’est sur la main d’œuvre spécialisée que la tension est bien réelle. Car le vieillissement de la population touche aussi … les médecins, près d’un quart d’entre eux ont atteindront l’âge de la retraite dans les dix prochaines années ! Dans ce contexte, de par leur proximité et avec des responsabilités qui ont considérablement évolué ces dernières années, les pharmacies se révèlent être un acteur majeur de la prise en charge de la population âgée dans le système de santé.

