La Suisse bénéficie globalement d’une relative bonne qualité de l’air en comparaison internationale, et ceci grâce à ses politiques environnementales, sa topographie variée et une sensibilisation croissante de la population. Néanmoins, la pollution atmosphérique de-meure un enjeu de santé publique.
Selon le dernier Rapport mondial sur la qua-lité de l’air établi par IQAir, il a été relevé en moyenne environ 7,3 μg/m³ de particules fines (de taille inférieure) dans l’air de Suisse en 2024. C’est plus que la valeur seuil fixée par l’OMS (5 µg/m³). Néanmoins, on est bien loin des concentrations relevées pour les pays en tête du classement, qui dépassent les 50 µg/m³! Les concentrations de certains polluants, comme l’ozone, les particules fines ou le dioxyde d’azote, peuvent ponctuelle-ment dépasser les valeurs recommandées et affecter le bien-être des habitants. Comprendre où l’air est le plus sain, pourquoi des pics de pollution surviennent, et comment protéger sa santé permet à chacun d’agir de manière éclairée.
Où respire-t-on le mieux?
La qualité de l’air varie selon la géographie, l’altitude et l’intensité des activités humaines. De manière générale, les régions de montagne et les zones rurales peu urbanisées offrent l’air le plus pur. Ainsi, grâce à leur altitude, à une circulation atmosphérique plus dynamique et à une moindre densité de trafic, les Alpes et le Jura présentent des concentrations plus faibles en dioxyde d’azote et en particules fines. Les plateaux agricoles éloignés des grands axes routiers bénéficient également d’un air relativement sain. À l’inverse, les agglomérations du Plateau – Zurich, Genève, Berne, Lausanne ou Bâle – sont plus exposées à la pollution liée au trafic routier, au chauffage et aux activités industrielles. Les vallées alpines peuvent aussi connaître une dégradation temporaire de la qualité de l’air en hiver, lorsque les inversions de température piègent les polluants près du sol.
Un surveillance essentielle
Ce réseau de surveillance permet à l’Office fédéral de l’environnement de publier des données actualisées sur les principaux polluants. L’entreprise IQAir s’appuie quant à elle sur un réseau de plus de 160 stations et plus de 100 contributeurs. Grâce à ces mesures continues, des plateformes en ligne et des applications mobiles (airCHeck, AirVisual, etc.), permettent de consulter les indices de qualité de l’air en temps réel et de recevoir des alertes en cas de dépassement, notamment en cas de pic d’ozone. Ce phénomène se produit essentiellement en été, lors de périodes chaudes et ensoleillées. L’ozone se forme à partir de polluants gazeux émis par le trafic routier et certaines activités industrielles (oxydes d’azote, com-posés organiques volatils, etc.) sous l’effet du rayonnement solaire. Il s’agit d’un polluant à longue durée de vie, pouvant voyager sur de longues distances. C’est la raison pour laquelle même les zones éloignées des grandes villes peuvent parfois enregistrer des concentrations élevées d’ozone dans l’air. Ces pics sont généralement temporaires, mais leur fréquence tend à augmenter avec le réchauffement climatique.
Un danger pour les plus sensibles
Lors des épisodes de pollution élevée – qu’il s’agisse de pics de concentration d’ozone ou de particules – les autorités de santé recommandent de limiter les efforts physiques intenses en extérieur, surtout pour les personnes sensibles. Les bébés, les enfants, ainsi que les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque ou de pathologies respiratoires telles que l’asthme sont particulièrement vulnérables face à la pollution de l’air. À court terme, celle-ci peut provoquer des irritations des yeux et des voies respiratoires, des maux de tête, une toux, un essouffle-ment et/ou des palpitations. À long terme, une exposition répétée aux particules fines et au dioxyde d’azote augmente le risque de maladies respiratoires chroniques, de cancer du poumon et d’affections cardiovasculaires, réduisant l’espérance de vie. La pollution de l’air est aujourd’hui reconnue comme l’un des principaux facteurs environnementaux de morbidité. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 4 millions de décès prématurés liés à la pollution atmosphérique sont enregistrés chaque année dans le monde.
S’aérer dès que possible
Pour préserver sa santé, il est important de profiter de la moindre occasion pour faire le plein de «bon air». Une respiration efficace et un air de bonne qualité favorisent l’oxygénation des tissus, essentielle au fonctionne-ment du cerveau, des muscles et du système immunitaire. En outre, une meilleure oxygénation aide à gérer le stress et améliore le sommeil. Pour profiter de ces bienfaits, la Ligue pulmonaire recommande les promenades en forêt, celle-ci agissant comme un véritable filtre à air en plus de produire de l’oxygène. Sur place, pratiquez la respiration en pleine conscience! Quelques exercices simples permettent de ressentir rapidement détente et bien-être. La cohérence respiratoire, par exemple, consiste à inspirer pendant cinq secondes, puis expirer pendant cinq secondes, durant cinq minutes; cet exercice aide à réduire le stress et à réguler le rythme cardiaque. De même, la respiration 4-7-8 procure une relaxation rapide: inspirez par le nez pendant quatre secondes, retenez l’air sept secondes, puis expirez lentement par la bouche pendant huit secondes; pratiquée le soir, elle facilite l’endormissement. Enfin, la respiration abdominale se pratique quant à elle en position assise ou allongée: il faut inspirer lentement par le nez en gonflant le ventre, puis expirer par la bouche en le rentrant. Répéter ce mouvement pendant cinq minutes aide à calmer le système nerveux.
La qualité de l’air en Suisse reste fragile et relativement inégale sur le territoire. Mais en se tenant informé, en adaptant ses activités et en cultivant une respiration consciente, chacun peut limiter les effets négatifs de la pollution sur sa santé.

