Éternuements à répétition, yeux qui piquent, fatigue persistante: pour une part croissante de la population suisse, le retour du printemps n’est pas toujours synonyme de réjouissance.
Longtemps considérée comme bénigne, l’allergie au pollen est aujourd’hui un véritable enjeu de santé et de qualité de vie – d’autant plus que le changement climatique tend à allonger les périodes de floraison. Ce dossier se propose de faire le point sur le sujet, en expliquant le mécanisme de l’allergie et en présentant quelques conseils pratiques et options de traitement pour mieux traverser la saison.
Le saviez-vous?
Une réaction immunitaire excessive
L’allergie au pollen, aussi appelée rhinite allergique saisonnière ou rhume des foins, résulte d’une réaction excessive du système immunitaire: l’inhalation de grains de pollen (plus précisément de certaines protéines qu’ils contiennent) est perçue par l’organisme comme une agression. Ce dernier produit alors des anticorps de type IgE (immunoglobulines E), qui déclenchent la libération d’histamine. Cette substance provoque les symptômes typiques: éternuements, nez qui coule ou bouché, démangeaisons oculaires, larmoiements, etc. En Suisse, environ une personne sur cinq souffre d’une allergie pollinique.
Des rendez-vous immuables
En Suisse, les pollens allergisants sont présents presque toute l’année. La saison débute dès janvier avec les noisetiers et les aulnes qui persistent jusque début avril. Ils sont suivis au printemps par les frênes et les bouleaux, très allergisants. En été, ce sont les pollens de graminées qui do-minent; leur concentration dans l’air est maximale de mai à juillet. Enfin, les pollens d’armoise et d’ambroisie sévissent en août et septembre. Cet ordre de floraison ne change jamais, mais le démarrage, l’intensité et la durée de la saison pollinique de chaque espèce peuvent varier localement et d’une année sur l’autre.
Des facteurs génétiques et environnementaux
Plusieurs facteurs expliquent l’apparition et l’aggravation d’une allergie au pollen, à commencer par la prédisposition génétique. L’environnement s’avère lui aussi déterminant: la pollution de l’air fragilise les muqueuses respiratoires, tandis que le changement climatique tend à augmenter la production de pollen et à prolonger la période de floraison. Enfin, le stress, le tabagisme (même passif) ou les infections respiratoires peuvent également intensifier les symptômes, car ces conditions affaiblissent le système immunitaire et altèrent les muqueuses qui deviennent plus vulnérables aux allergènes.
Rééduquer le système immunitaire
Une allergie aux pollens d’arbres ou de graminées peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie, le sommeil et la concentration. Un suivi médical est indispensable, car une allergie mal contrôlée peut évoluer vers de l’asthme. Outre les traitements saisonniers (antihistaminiques, corticostéroïdes, décongestionnant, etc.), il est possible dans certains cas d’envisager une désensibilisation (ou immunothérapie allergénique) afin de limiter les symptômes. Cela consiste à administrer régulièrement l’allergène au patient, en augmentant progressivement les doses pour que son corps finisse par l’accepter.
Vivre avec une allergie au pollen
Une allergie au pollen est non seulement très handicapante au quotidien, mais peut aussi entraîner d’autres problèmes de santé (sinusite, asthme, etc.). Il est donc important d’agir avant même l’apparition des premiers symptômes.
L’«arsenal» d’une personne allergique
Quiconque souffre d’une allergie au pollen doit avoir certains produits indispensables à portée de main, à commencer par des antihistaminiques H1 qui comme leur nom l’indique, aident à contrer l’action de l’histamine. Ils peuvent être pris à titre préventif, en amont de l’exposition à l’allergène, ou curatif, sous forme de comprimés, solutions ou sprays. Certains sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Idéalement, ils sont à combiner avec un soin local des muqueuses nasales et oculaires sous forme de collyre et de spray nasal; ces produits éliminent l’allergène et réduisent sa capacité d’adhérence aux muqueuses.
Adapter temporairement son mode vie
En parallèle de ces traitements, il est recommandé d’adopter de nouvelles habitudes dès le début de la saison pollinique pour limiter les symptômes. On commencera par ne pas faire sécher son linge à l’extérieur et éviter, si possible, les sorties en cas de vent ou de pic pollinique. Pour les activités de plein air, privilégiez une météo humide voire pluvieuse où la concentration en pollens est réduite. Le port de lunettes de soleil est par ailleurs conseillé pour protéger les yeux. Aérez votre logement plutôt le soir et lavez-vous les cheveux avant le coucher. Enfin, préférez le bord de mer à la campagne pour vos vacances estivales.

